Cet article a été écrit par Kris et Jérôme d’ATW, dans le respect de la collaboration mise en place lors de l’écriture du premier de ces deux articles sur le site d’ATW. N’hésitez pas à aller le lire, chronologiquement il se situe avant celui-ci, mais l’ordre de lecture importe peu.
Premier épisode : Buenos Aires - Córdoba
Merci à nos deux compères tour-du-mondistes pour leur article, et bons vents jeunes-gens.
Après 4 jours passés à Buenos Aires avec nos 2 acolytes de CarnetVoyages.com (cf. le premier épisode : Buenos Aires - Córdoba), nous prenons la décision de nous enfoncer plus dans les terres et de partir 10 jours pour visiter l’Ouest argentin (voir la carte). Au programme… Córdoba, San Juan et Mendoza.
Nous quittons donc la capitale le vendredi en fin de journée pour passer le weekend à Córdoba, réputée pour sa population étudiante et pour sa vie nocturne plutôt active. D’ailleurs, la vie estudiantine à Córdoba remonte à loin puisque son Université fut instituée en 1612. En 2005, Córdoba était encore la ville d’Amérique du Sud comptant le plus d’étudiants avec l’un des pourcentages d’étudiants parmi la population les plus élevés au monde puisqu’un Cordobense (habitant de Córdoba) sur dix est étudiant !
Arrivés tôt le matin, nous posons nos balluchons à l’auberge de jeunesse Palenke, une petite auberge sympa située non loin du centre ville et de sa place principale.
L’après midi, c’est petite ballade et séance vidéo-photo avec nos deux reporters en herbe. Avec tout l’attirail qu’ils ont emporté avec eux (appareil photo-vidéo, microphone), on a l’impression de participer au tournage d’un documentaire pour zone interdite ! N’est ce pas Max-de-la-Villardière ! Plus tard dans la journée nous faisons également la rencontre de Federico, un étudiant argentin à l’année sur Rouen qui termine une thèse à l’INSA. Un futur prix Nobel de physique-chimie, ami de Kévin et Dj à ses heures perdues. Ledit Federico habite un quartier sympa qui bouge pas mal le soir. Il nous propose de nous loger dans son petit appartement. Après un déménagement rapide de l’auberge de jeunesse Palenke nous nous retrouvons à « colloquer » à 5 dans un 20 mètres carrés. Ambiance, ambiance…
La visite du parc Sarmiento est une bonne surprise dans notre city-tour… nous nous arrêtons pour la traditionnelle séance vidéo et pour regarder les jeunes de la ville faire des cabrioles, préparer leur spectacle de fin d’année, chahuter et partager le sacro-saint maté…

- Yerba Mate - la plante à l’état sauvage
Plus tard dans la journée, Maxime se rend au musée d’art contemporain afin d’enrichir sa culture personnelle (et sûrement réviser son espagnol). Pour Kévin et nous deux (Jérôme et Kris), c’est promenade dans le parc Sarmiento et visite du quartier artisanal. Le soir tout ce petit monde se retrouve pour un tournoi de baby-foot et une sortie en boîte de nuit afin de goûter aux légendaires soirées étudiantes…

- El parque Sarmiento
Le lendemain, à peine le temps de récupérer, nous nous rendons à quelques kilomètres de là, dans la petite ville d’Alta Gracia pour visiter une mission jésuite (rien de tel pour expier tous les pêchés de la veille…) sous le commandement de Maxime. Mais où diable est passé Kévin ? Le bougre dort encore, impossible de le bouger de son lit…

- L’estancia d’Alta Gracia
Nous partons donc tous les trois, la fleur au fusil visiter l’estancia, une bâtisse assez belle et bien conservée. Mais Alta Gracia est surtout connue car le Che Guevara y a séjourné une partie de sa jeunesse.

- La maison du Che
Le petit Ernesto souffrait d’asthme et les docteurs l’ont envoyé se refaire une santé dans cette ville, où l’air est paraît–il plus sain qu’ailleurs. La maison du Che a été transformée en musée. Très instructif.

- Une véritable partie de plaisir
En manque d’exercice physique, nous décidons le lendemain de nous offrir un petit trekking dans la sierra. A une poignée de kilomètres de Córdoba se trouve le « parque del condorito », un parc national, où l’on peut admirer le vol majestueux des condors… enfin, ceux-ci ne sortent que lorsqu’il fait beau… et pas de chance pour nous ce jour là il pleut des cordes… tant pis pour les condors nous marcherons environ 6 heures sous la pluie et finirons trempés jusqu’aux os.

- El Parque del Condorito
Après s’être réchauffés et bien reposés, nous prendrons le bus du lendemain pour nous rendre encore plus à l’Ouest, à San Juan (voir la carte), ville connue pour sa région de montagne et ses paysages lunaires. A part ça le pueblo ne présente que peu d’intérêt mais il n’est pas déplaisant pour autant. Par contre l’auberge Pehuen (pas chère) où nous dormons, n’est vraiment pas terrible. Plutôt que de rester enfermés dans nos chambres, nous préférons squatter sur le toit de l’hôtel, au soleil pour écrire nos articles et nous détendre en buvant quelques matés. Le soir même, nous allons voir un match de foot dans un bar… pas n’importe lequel car c’est le match aller River Plate (club ultra populaire de Buenos aires) contre Belgrano (club de la province de Córdoba évoluant dans la division inférieure). Ce match captive toutes les attentions car River joue son avenir pour rester parmi les meilleurs, en division A. Mais le score est sans appel : 2-0 pour Belgrano, club de division B ! C’est une demi-catastrophe pour les supporters du club de River car si le club venait à descendre en division B (ce qui ne lui est jamais arrivé) se serait un manque à gagner énorme (plusieurs millions de pesos sont en jeu) et surtout c’est l’honneur du club qui serait bafoué. Il ne reste donc plus qu’un match à River pour éviter le pire… le match de la dernière chance… sinon les supporters ont promis de tout casser…Rappelons que ce club est avec Boca Juniors celui qui compte le plus de supporters à travers le pays.

- Direction el Valle de la Luna au petit matin
Le lendemain, après une brève étude de marché des agences touristiques du coin, nous prenons rencart avec un guide, pour pouvoir nous rendre en voiture à la vallée de la lune, désert de pierre immense, jonché de canyons… l’attraction locale.

- El Valle de la Luna
Le parc provincial d’Ischigualasto ou Valle de la Luna (630 km2), est situé à l’extrême Nord-Est de la province de San Juan, dans le département de Valle Fértil, au confin avec la province de la Rioja qui elle, abrite la deuxième partie de ce site naturel, le parc de Talampaya, les deux étant séparés par une barrière naturelle, une sorte de falaise rougeâtre faisant penser à un abrupt de canyon. Ischigualasto serait un nom d’origine Quechua. Selon les dires de wikipedia, cela signifierait « Endroit où se pose la lune », ce qui nous permet de trouver une deuxième origine (en plus de l’aspect lunaire du paysage) au surnom « La Vallée de la Lune » qui est souvent attribué à ce lieu. Les deux parcs sont évidemment classés au patrimoine mondial de l’UNESCO.

- Agrégats de poussière formant des boules
Sur un plan scientifique, le site est célèbre pour ses exhumations de squelettes fossilisés de dinosaures de la période du Trias. Les formations géologiques y sont vieilles de 180 à 230 millions d’années.

- El submarino
La vallée constitue un paysage étrange, minéral, où la rareté de la végétation et une gamme très variée de couleurs des sols, associées aux formes capricieuses des montagnes, ont fait d’elle un lieu de prédilection pour les touristes. Il faut absolument y aller si on est de passage dans la région car on en prend plein la vue.

- El Hongo, symbole del Valle de la Luna
Au retour de l’expédition, le chauffeur avec qui nous nous entendions très bien s’est arrêté pour que nous puissions visiter le sanctuaire de la « Difunta Correa » (la défunte Correa).
En effet, à l’aller nous avions vu sur le bord de la route, plusieurs autels qui nous rappelaient ceux que la population dédient au « Gauchito Gil ». Nous pensions donc que ces autels lui étaient réservés, mais en engageant la discussion sur ce sujet avec notre guide, nous eurent une toute autre version des faits. Ces autels étaient érigés pour la « Difunta Correa », la faiseuse de miracle locale. Le mythe qui entoure ces rituels païens (car les miracles de la « Difunta Correa » ne sont pas reconnus par l’Eglise Catholique) provient d’une histoire qu’on se transmettait de génération en génération, dans laquelle Deolinda Correa, n’ayant pas de nouvelles de son mari parti à la guerre, se serait mis en tête de partir à sa recherche, emportant avec elle son nouveau-né et quelques provisions. Au bout d’un moment, elle arriva à court de nourriture et d’eau et s’allongea, son fils tétant le sein, elle mourut de soif et d’épuisement. Et on raconte que son fils aurait été retrouvé vivant et que ce fait aurait été considéré comme le premier miracle de la « Difunta Correa ».
Le lendemain matin, c’est le grand départ pour Mendoza à 2 h de trajet en bus à peine… et ça c’est presque un miracle ! Mendoza, dernière étape de notre petit périple à quatre se trouve tout proche de la frontière chilienne. L’arrivée à l’hôtel Huellas Andinas est une formalité. Pour le coup on n’hésite pas une seconde à leur faire de la pub tant ces gens sont charmants et accueillants.

- Carlos Thais
La traditionnelle ballade en ville passe par le parc San martin (élaboré par le paysagiste français Carlos Thays, ça c’est pour votre culture), parc inspiré du bois de Boulogne, à Paris et par les différentes places de la ville. Le soir au menu, barbecue. C’est ATW (Kris et Jérôme) qui s’occupe de la parilla (l’art du feu) et CDV (Kévin et Maxime) qui nous régale d’une purée maison. Ah la parilla… ça vaut bien tout les cours qu’on peut nous faire sur l’Argentine !

- Les vignes devant la bodega Vistandes
On ne pouvait pas passer par Mendoza sans visiter ses vignobles et ses bodegas et au passage on aura même vu une fabrique d’huile d’olive.

- La fabrique d’huile d’olive
Le soir nous partageons un repas avec le staff de l’hôtel et le jour suivant, c’est visite de groupe (pas d’autre alternative possible) dans la haute montagne (Alta Montana) en pleine cordillère des Andes argentine.

- El puente del Inca
Le mini bus qui nous emmène fait plusieurs arrêts afin de nous faire profiter des différents panoramas. Un premier arrêt improvisé nous permet de voir un vol de condors (enfin !).
Au deuxième arrêt, nous faisons une petite pause dans une station d’hiver au pied des pistes. Nous profitons du soleil en mode « farniente » à la terrasse d’un café, pendant que les autres personnes de l’excursion s’en donnent à cœur-joie sur leurs luges louées un peu plus tôt.
Le troisième arrêt, l’un des points clés de la journée, c’est la visite d’un pont de sédiments, « el Puente del Inca », creusé naturellement par l’érosion. Il y a encore quelques années, l’accès au pont était ouvert, et ceux qui comme nous venaient le visiter, pouvaient le traverser. Dorénavant le chemin qui y mène est barré d’une grande clôture en bois obligeant les touristes à rester à distance.
Dernier arrêt. Nous descendons de la camionnette pour prendre en photo la plus haute montagne des Amériques, l’Aconcagua (6959 m). Ce mont domine la partie Nord et Sud du continent. Le guide nous explique que son ascension est évidemment très périlleuse (surtout du fait du mal de l’altitude), mais surtout très coûteuse. Il faut payer une taxe assez élevée pour pouvoir pénétrer dans la réserve naturelle. Cette taxe varie en fonction du bon vouloir des autorités argentines et peut aller de 200 à 500€ pour les non-Argentins soit peut-être dix à vingt fois plus que pour les locaux. De plus, il faut payer l’expédition en soi (les guides, la logistique, le ravitaille, etc.), ce qui doit revenir aux alentours de 5000€ tout inclus. Autant dire que cette aventure nous a paru être un véritable luxe, réservée aux passionnés sur-entrainés ! C’est pas demain que nous admirerons le continent américain depuis le sommet de l’Aconcagua.

- L’Aconcagua
Finalement, cette petite virée en montagne restera sûrement pour nos deux compères un de leurs meilleurs souvenirs en termes de paysage avec « el Valle de la Luna » à San Juan.
Nous pensons également qu’ils ont été enchantés par leur petite balade à cheval (la Cabalgata) qu’ils ont pu effectuer le lendemain alors que nous restions sagement à l’hôtel… sûrement à cause de l’ambiance Far-West… ce n’est pas tous les jours qu’on a l’occasion de se prendre pour un gaucho de la pampa !

- Cabalgata - La balade à cheval
Et puis c’est le temps de rentrer à la maison, comme toujours, nous reprenons un bus dans l’autre sens direction « Buenos Aires », terminus du voyage de Kévin en Argentine. « Porque todo lo bueno acabo ! ». Lors de notre deuxième check-in à Lime House, on retrouve le staff de l’auberge de jeunesse avec lequel nous nous entendons de mieux en mieux. Nous complétons notre connaissance de Buenos Aires lors des 3 jours suivants et en profitons pour suivre le début de la Copa America (notre Euro à nous) avec en match d’ouverture Argentine – Bolivie (1-1, score final). Le défilé de supporters argentins sur la 9 de Julio le soir du match nous confirme la ferveur et l’attente du peuple pour son équipe… alors que rien n’est encore gagné ! Au contraire on assiste à un départ un peu poussif de l’équipe nationale dans cette compétition…en plus c’est le pays organisateur, ils doivent absolument faire mieux pour se qualifier…
Au bout de 20 jours, nous mettons Kévin dans un taxi, direction l’aéroport international d’Ezeiza en lui disant au revoir. C’est avec une demi-surprise quand nous le voyons revenir 2 heures plus tard… faux départ !! Son vol vers la France est annulé à cause du volcan chilien qui crache encore ses cendres. Tant mieux pour Kris, Jérôme et Max qui pourront profiter un peu plus de sa présence. Kévin qui n’a vraiment pas de chance, en plus de rater la rentrée des classes va dormir dans un hôtel de luxe en attendant d’être transférer sur un autre vol… pobrecito ! Et c’est un dimanche de plus qui s’écoule sur la capitale… pour certains, c’est le temps de faire des emplettes-souvenirs à la Recoleta et pour d’autres, qui n’ont d’yeux que pour la copa, c’est visionnage du match Brésil-Venezuela (0-0) sur l’écran géant installé dans le parc San Martin. Décidément les favoris ne sont pas à la fête…
Lundi, afin de ne pas perdre de temps sur le calendrier des vacances de Maxime, nous quittons Buenos Aires pour Iguazu et ses chutes. Nous quittons définitivement Kévin qui, en théorie et en fonction des sautes d’humeurs du volcan, doit s’envoler deux jours plus tard. On va tuer le suspens tout de suite, sa deuxième tentative aura été la bonne. Nous lui souhaitons bonne chance pour la reprise et regrettons déjà de perdre le fanfaron qu’il aura été durant ces 20 jours en notre compagnie. Salut l’artiste et à la prochaine !
Quant à Maxime, Jérôme et Kris ils embarquent pour 17 heures de bus direction Puerto Iguazu. Le challenge est de visiter le site en 2 temps 3 mouvements. Une demi-journée pour visiter le côté brésilien et une journée pleine pour le côté argentin. Au Brésil, le choc de la langue se fait sentir… notre portugais n’est pas du tout au point mais nous n’avons aucun mal à nous rendre sur les chutes. Le site est spectaculaire, grandiose, surtout du côté argentin (il faut absolument se le garder pour la fin du séjour). Les chutes sont situées au beau milieu de la forêt tropicale, à la frontière entre le Brésil et l’Argentine, elles sont une merveille naturelle inscrite au patrimoine mondial par l’UNESCO en 1984. On fait la visite avec trois Français parisiens rencontrés à l’auberge la veille. Iguazu ou Iguaçu vient du guarani : í (eau) et kuasu (grand), littéralement « Les grandes eaux ». Il ne s’agit pas à proprement parler d’une chute, mais d’un ensemble de 275 cascades formant un front de 2,5 kilomètres environ. La plus haute d’entre elles atteint les 90 m de hauteur. On l’appelle la Garganta del Diablo en espagnol ou Garganta do Diablo en portugais (« gorge du Diable »). L’ensemble des cascades déverse jusqu’à six millions de litres d’eau par seconde.
Cela fait plaisir de retrouver un peu de chaleur et la jungle en cette saison même si l’on termine trempés par les embruns provoqués par les chutes d’eau. En tout cas, pour Maxime de son propres aveu, c’est sans conteste le point d’orgue de son voyage. C’est des souvenirs plein la tête que nous repartons pour 16 heures de bus en direction de Buenos Aires. Le jeudi soir, lendemain de notre arrivée, nous organisons la despedida (soirée de départ) de Maxime. Nuit blanche ! Maxime prend son vol au petit matin après 1 mois passé avec nous. Il passe entre les cendres du volcan avec plus de chance que Kévin sur ce coup là… nous voilà désormais seuls… enfin pas tout à fait car nous avons quand même quelques contacts à revoir sur Buenos Aires… nous les remercions du fond du cœur d’être venu nous rendre visite. À bientôt ? Et avis aux amateurs… pour nous contacter, c’est ici